Eddy Marescaux : la sentinelle du hérisson des villes

Discret mais passionné, Eddy Marescaux a transformé son jardin en refuge pour les hérissons.
Il observe, protège et aménage des espaces pour ces petits mammifères nocturnes devenus ses colocataires à piquants.
Entre engagement pour la biodiversité et amour de la nature en ville, il est une vigie, attentive à la faune urbaine.
Quand on est bien où on est, on reste !
En 2000, Eddy Marescaux s’installe à Saint-André par hasard. Il connait la ville de nom et celle-ci correspond au secteur recherché.
Avec sa femme, ils vivent d’abord dans un appartement rue Clemenceau.
Trois ans plus tard, ils se projettent durablement dans une vie andrésienne et choisissent une maison dans le quartier Bel-Air.
Il résume simplement : « Quand on est bien où on est, on reste ! »
Eddy précise : « L’après-midi dans mon jardin, j’entends les oiseaux ». Pour lui qui est attentif à ce genre de choses, c’est important que la nature fasse pleinement partie de son quotidien.
J’ai toujours rêvé d’avoir des hérissons dans mon jardin
Un soir, lors de la dernière sortie quotidienne de son chien, Eddy remarque une agitation inhabituelle devant chez lui. Un, puis, deux, puis trois… une colonie de
hérissons entre dans son jardin.
Dès le lendemain, il achète de quoi les nourrir !
C’était il y a deux ans...
le début d’une aventure simple, qui a progressivement pris une place importante dans sa vie.
Ce passionné de nature avoue : « Aujourd’hui j’ai parfois l’impression de vivre sur leur territoire et non l’inverse ! » Il a en effet installé quatre maisons et un point de nourrissage dans son jardin. Une dizaine d’individus cohabitent sur son terrain. Il ajoute : « Au fond de moi, j’ai toujours rêvé d’avoir des hérissons dans mon jardin ».
L’animal est mignon, positif, bénéfique, il est qualifié d'auxiliaire des jardiniers. Il débarrasse les potagers des limaces et des escargots, sans s’attaquer aux cultures.
Contrairement à certaines idées reçues, le petit mammifère n’est ni nuisible, ni dangereux. Eddy encourage chacun à accueillir cette espèce peu contraignante, mais essentielle pour la biodiversité.
J’ai le sentiment de me consacrer à quelque chose d’utile
Eddy insiste sur le fait que Saint-André est une ville à part. La nature en ville n’y est pas un vain mot.
Bien que très urbanisée, la cité est accueillante pour la petite faune.
Hérissons, oiseaux, écureuils… la nature y est bien plus présente qu’il n’y paraît, pour qui sait observer.
Ce phénomène tient sans doute au réseau de venelles et de passages qui desservent et relient les parcelles. Ces cheminements discrets favorisent la circulation de la faune entre les jardins. D’où l’importance, selon lui, de préserver des continuités et d’éviter les clôtures hermétiques.
Il explique : « En maintenant des passages, on facilite leurs déplacements, on élargit leur territoire de chasse, de promenade ou d’abri.»
Eddy projette maintenant d’aménager un espace entièrement dédié aux hérissons, avec plusieurs abris, des arbustes et des fleurs, notamment des aubriètes, particulièrement appréciées de l’animal. Il envisage ensuite de créer un petit centre d’accueil pour les animaux blessés, les petits abandonnés… Eddy confie :
« J’ai une vie qui me convient, j’ai réussi professionnellement et personnellement. Mon travail est organisé de telle sorte que j’ai du temps. J’ai le sentiment de me consacrer à quelque chose d’utile. »
À terme, il aimerait aussi ouvrir ses actions aux écoles et proposer des ateliers de fabrication d’abris. Fort de ses dix prototypes, il sait désormais ce qui fonctionne : « Aujourd’hui, quand je fabrique un abri, je sais qu’il sera occupé dans les deux jours après sa mise en service ».
Un bonheur simple au service du vivant !

SAM 206 - Mai/juin 2026
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