Concertation le Corbeau 1 : Marquette-lez-Lille / Saint-André-Lez-Lille / Lambersart

OBJECTIFS

- Informer : sur les Portes des Belles Terres, la charte de coopération, les actions de la MEL dans le cadre du projet.

- Sensibiliser : sur les atouts du territoire, sur l’environnement, la protection des espaces naturels, la biodiversité, les bonnes pratiques…

- Co-construire : échanger sur les enjeux du projet par centralité agricole, recueillir des éléments de constat et de souhaits pour enrichir les projets sur les cheminements, les aménagements, la signalétique, les idées complémentaires.

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Introduction

Les Portes des Belles Terres (nouveau nom du Parc de l’Arc Nord)

ATELIERS SYNTH MARS 15

Un projet de territoire

ATELIERS SYNTH MARS 15

La Charte de coopération 2019 une charte de coopération fédérant les élus autour de trois axes :

  • Renforcer la trame verte et bleue
  • Soutenir une agriculture durable
  • Partager une vision commune du territoire

ATELIERS SYNTH MARS 152

L'Atelier

Les animations se font par groupe de 10-12 personnes chacun placé autour d’une table. Les animateurs expliquent, accompagnent et aident. Le dialogue entre habitants qui précède le fait d’inscrire un avis, un tracé, etc… doit tendre à créer un consensus autour de la table. Les divergences sont cependant également notées.

Les habitants disposent d’un fond de carte aérien du Corbeau légendé de grand format et d’une carte du territoire des Belles Terres A3.

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Table 1 : Participants : 8

  • Lambersart : 3 Habitants - 1 agriculteur
  • Marquette-lez-Lille : 5 Habitants
  • Saint-André-Lez-Lille : 2 Habitants

Partager : Usages du monde agricole & des habitants des villes

Les participants ont le souci de renforcer le contact entre agriculteurs et citoyens, indispensable à une bonne qualité de vie.

Un citoyen nouvellement arrivé à Lambersart exprime son projet d’établir une ferme pédagogique d’environ 1500 m2 au coeur de la ville, principalement tournée sur de l’activité maraîchère. Selon lui, cela illustre la demande du bien-vivre ensemble et souligne l’interdépendance des mondes ruraux et périurbains. Cette démarche s’inscrit dans la volonté éthique, partagée par tous, de rapprocher les deux mondes en vue de favoriser la vie des agriculteurs.

Le porteur de projet de la Ferme pédagogique : « Si les citoyens ne sont pas sensibilisés au fait de bien manger, de manger local, de manger sain, on n’avancera pas sur ces questions de santé publique et d’environnement. Pour qu’ils achètent plus local, achètent mieux, mangent mieux et donc vivent mieux, il faut qu’ils aient confiance en leurs agriculteurs et qu’ils les estiment. D’où l’idée de créer cette ferme en ville et de recréer ce lien pour que ces deux catégories de population se connaissent mieux et échangent mieux. »

La ferme pédagogique proposerait ainsi de nombreux services comme de la vente directe, de la cueillette, et favoriserait la participation citoyenne par des activités à but éducatif. L’agriculteur souligne qu’il s’agit de rendre le monde agricole attrayant et vivant ce qui permettrait en ce sens de faire venir aussi bien les citadins déjà présents, que de nouveaux arrivants et de nouveaux agriculteurs.
Pour la propriétaire du haras « Les Mûriers », les agriculteurs sont des partenaires incontournables qui fournissent l’alimentation aux chevaux. Si les relations sont naturellement amicales, certaines tensions peuvent émerger des dégâts faits durant les balades équestres. Pour elle, les champs sont et restent avant tout une propriété à respecter à laquelle elle fait très attention, mais la difficulté d’établir la responsabilité des dommages intentés par d’autres cavaliers créée un climat de tensions généralisées.

Certains citadins ressentent un manque de sympathie de la part des voisins et soulignent que le milieu reste fermé et que cela peut malheureusement être renforcé par le manque d’attention aux champs et aux propriétés agricoles privées. En outre, le contact pâtit du manque de communication et d’information à propos des différents points de vente directe dans les fermes avoisinantes.

Les promenades : La population citadine est très sensible à la promenade et il n’est pas nécessaire d’aller très loin pour être près de la nature. Cependant, la voiture reste le point noir de la situation du territoire. En effet, tous font remarquer qu’entre 7h30 et 9h puis entre 15h30 et 18h les chemins, qui sont pour la plupart des routes départementales ou communales, deviennent de véritables routes, rendant toute promenade dangereuse et désagréable. Le manque de chemins piétonniers se fait fortement ressentir et les croisements routiers sont le théâtre de nombreux embouteillages. Il en résulte de nombreux conflits d’usage entre piétons, cyclistes, cavaliers, motards et conducteurs. Les habitants soulignent aussi que certains vrais chemins comme celui de Verlinghem, qui étaient interdits aux véhicules motorisés, continuent de disparaître par préemption agricole.

Si les citadins disent ne pas se promener dans les champs, le danger que représente les routes pousse les promeneurs à passer sur le bord des champs pour une plus grande sécurité. Ainsi, en plus du circuit
de course le long de la Deûle et de la Lys en partant de Wambrechies, le seul poumon vert qui reste facilement accessible pour les citadins de Lambersart est le territoire des Muchaux, ce qui induit une sur-fréquentation et rend la cohabitation entre cyclistes et piétons quelque peu dangereuse. La promenade des Muchaux permet de faire du vélo, de marcher et de s’y rendre avec les enfants. Elle continue vers le chemin de la Phalecque, puis, le retour s’effectue par les chemins urbains.

Pour les participants, il est évident qu’il manque de véritables boucles de promenades balisées et signalées, accessibles à pied et moins fréquentées. Ils expriment le souhait d’une véritable signalétique qui sépare et signale les pistes cyclistes, équestres et piétonnes et qui est nécessaire pour sécuriser et rendre le territoire agréable. 

Les participants se plaignent également d’un manque de civilité général qui conduit certain à utiliser les fossés le long des routes comme de véritables décharges. Les étangs de pêche, les bords de la Becque et le chemin du Gibet sont pollués et jonchés de nombreux déchets, ce qui rend les promenades désagréables. Certains proposent d’implanter de nouveaux points de collecte ou à minima des poubelles le long des chemins.

Les produits locaux : Les participants ont le souhait d’une meilleure alimentation, notamment à partir de l’offre de circuit court comme le proposent la ferme Grave à Wambrechies ou le concept « Talent de Ferme », la  coopérative Frolingia, les « Panier vert », ou le point de vente directe « O’Terra » d’Auchan, implantés sur le territoire. De nombreux citadins disent se fournir sur les marchés de la commune et sont attentifs à l’agriculture de leur territoire. Ils expriment leur contentement de n’avoir pas d’agriculture intensive à proximité.

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Souhaits d’implantation en zones urbaines de nouveaux points relais (épingles rouges) en complément des ventes à la ferme (épingles vertes) et des points relais existants « actifs » (épingles vertes).

Profiter : Perception du paysage et usages

Le long de la becque du Corbeau : Les habitants n’empruntent que rarement la becque du Corbeau du fait de la difficulté d’accès directement liée à la proximité des cultures, au point que les becques de Lambersart ont été
complétement recouvertes. Ils soulignent également que la pollution liée à la proximité du monde urbain défigure le paysage et amoindrit la qualité de la promenade. Mais la becque et ses alentours restent pour eux intéressants et mériteraient d’être réaménagés, car ils représentent un point central de la biodiversité du territoire, regroupant la faune (lièvre, biche, oiseaux) et la flore. De fait, il y a moins de passage et les citadins mettent un point d’honneur à ce que la promenade ne se fasse pas au dépend de la biodiversité. Ici aussi, le juste milieu est une composante nécessaire des aménagements.

La Lys, la Deûle et la Marque : La Deûle est une destination très prisée par l’ensemble des participants, mais les promenades le long de la Lys et la Marque, qui sont des axes un peu moins touristiques, sont également très appréciés.

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Les arbres : Deux des participants à la table trouvent qu’il n’y a pas assez d’arbres sur ce territoire. ; que le paysage est plat et composé principalement de champs, sans haies bocagères. Ils ont évoqué le chemin de la Phalecque qui possède un alignement d’arbres très agréable, mais qui reste une exception.

Les habitants pensent que le paysage gagnerait à être aménagé avec plus d’arbres et des haies. Cela serait profitable d’un point de vue pratique en amenant des zones d’ombre et un certain caractère au territoire, tout en favorisant la biodiversité, la faune et la flore. En suivant la tendance urbaine des modèles de petites forêts selon la méthode Miyawaki, un participant émet l’idée d’implanter des espaces de biodiversité très denses sur des petits espaces, ce qui est excellent pour la biodiversité du territoire, mais aussi pour la qualité de vie.

Les sites verts à favoriser : Pour les participants, le site vert des Muchaux doit être conservé et valorisé. C’est un lieu privilégié pour la promenade et qui fait le lien avec la berge de la Deûle. La présence d’une guinguette sur les bords de la Deûle près de Lambersart est citée à titre d’exemple comme un lieu d’activité et de service très convivial qui rend la promenade vivante et attrayante.

Ils pensent que valoriser d’autres sites verts permettrait d’ouvrir vers d’autres circuits de promenade, notamment autour de la Rocade Nord-ouest en aménageant la voie ferrée à partir de Lambersart et jusqu’aux « Jardins », ainsi que l’ancienne ligne de chemin de fer de Marquette-Lez-Lille.

Un habitant : « Pour agrémenter les balades, il faudrait aménager des zones pour le stationnement et des haltes pour pique-niquer. Aujourd’hui ça manque d’ombre, de bancs ».

Emprunter : Les chemins

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Une multitude de promenades identifiées : à pied (en jaune), à vélo (en bleu) et des cheminements à valoriser (en vert).

Les chemins les plus empruntés restent les routes, aussi bien fréquentées par les piétons, les cyclistes et notamment les jeunes, ce qui rend les déplacements dangereux et aboutit à des accidents fréquents  et parfois mortels. Les citadins remarquent que des panneaux informatifs sur les usages multiples et le danger induit par la vitesse des véhicules seraient les bienvenus.

En effet, ils soulignent que les véhicules motorisés sont l’obstacle numéro un, mais d’autres points de passages empêchent une bonne circulation fluide et sécurisée. Les citadins ont souligné le problème du pont SNCF trop étroit pour y faire passer un vélo qui fracture le passage de Verlinghem à Lambersart.

Ils témoignent aussi du manque de signalétique qui ferait émerger des connexions entre différents chemins et entres sites verts incontestables comme le territoire des Muchaux. A titre d’exemple, ils citent le chemin cycliste autour de la Deûle qui gagnerait à être aménagé et signalé pour fluidifier la densité de promeneurs et de cyclistes, surtout le week-end.

Relier : Les connexions intercommunales & avec les Portes des Belles Terres

Les déplacements intercommunaux sont fréquents, notamment pour varier les promenades ou s’approvisionner. Les habitants se rendent à l’Aérodrome, sur les bords de la Deûle, le long des berges de la Marque à Lompret, à la Base de loisirs, mais aussi jusqu’à Tourcoing, Warneton, Roubaix et jusqu’ en Belgique. En outre, de plus en plus d’habitants se rendent au travail à Lille à vélo. L’augmentation de la fréquentation des pistes cyclables les placent au centre des différents aménagement à effectuer et pose la question de leur entretien sur le long terme. De nombreux cyclistes reconnaissent les délaisser pour les routes, du fait de leur mauvais état.

Cependant, pour les habitants de toutes les communes, les notions des limites communales restent assez floues et ils soulignent que c’est davantage la distance à pied ou les fractures que représentent les grands axes qui les poussent à prendre la voiture pour se déplacer.

Question de fin : Les Portes des Belles Terres idéales pour demain

Les souhaits des habitants quant au développement idéal du territoire des Portes des Belles Terres reposent sur deux axes :

1. Ils souhaiteraient développer des parcours de promenades signalés qui donneraient la possibilité aux piétons de partir directement des centres-villes, sans avoir recours à la voiture. Des chemins adaptés aux différents usagers séparés des véhicules sécuriseraient et diversifieraient les promenades pour découvrir de nouveaux endroits.

2. Reconstituer des paysages : la pollution sonore nuit beaucoup à la qualité du territoire. Les habitants souhaiteraient une ambiance apaisée avec des milieux diversifiés. En opposition à la campagne plane et identique, se dresse un idéal avec des points de vue différents conciliés à la protection de la biodiversité, des zones d’ombre, des aires de pique-nique, des bancs, des toilettes…

Enfin, la fréquentation et l’usage du territoire des Portes des Belles Terres sont divisés en deux catégories d’habitants selon les tranches d’âge et le genre. Les habitants notent que si les jeunes se tournent davantage vers Lille, les habitants au-dessus de la trentaine recherchent plus de tranquillité et se tournent vers la campagne.

Table 2 : Participants : 8

  • Lambersart : 4 Habitants - 1 agriculteur
  • Saint-André-Lez-Lille : 2 Habitants
  • Verlinghem : 1 agriculteur qui cultive sur le territoire du Corbeau

Les espaces dédiés au monde agricole et ceux à la vie citadine sont globalement bien répartis et l’on évite ainsi les gros conflits. Un agriculteur entend parfois certaines réflexions qui expriment une
possible nuisance des pratiques agricoles, comme le bruit des tracteurs le dimanche, mais globalement chacun sait qu’il vit à la campagne et que cela fait partie de la vie rurale.

Un agriculteur trouve difficile de s’adapter à la règlementation qui change très souvent, comme assez récemment l’obligation d’intégrer des zones de non-traitement qui réduisent les zones d’exploitation.

Certains riverains demandent aux agriculteurs qu’ils effectuent un travail supplémentaire comme de supprimer les mauvaises herbes présentes dans les fossés (orties, renoncules etc…).
Les citadins autour de la table sont très favorables au monde agricole, ils l’aiment. L’un d’entre eux constate que c’est triste de voir des fermes abandonnées et que les agriculteurs n’aient pas plus de moyens pour les entretenir. Une agricultrice précise qu’il peut y avoir des problèmes dans les successions, qui aboutissent à des situations de blocage, mais que ce n’est pas de la volonté des
agriculteurs. Ils trouvent cela déplorable pour le patrimoine.

Tous, à la table, se promènent dans les champs, mais pas à travers champs, par respect pour le travail des agriculteurs. Cela d’autant que les champs sont clôturés. Ils précisent qu’il n’y a pas vraiment de liaisons et s’aventurer sur des chemins privés peut entrainer le risque de se retrouver dans un cul de sac.

Les agriculteurs disent qu’ils voient forcément d’un mauvais œil les promeneurs présents sur leurs terres parce qu’ils ne sont pas respectueux : il y a des chiens qui ne sont pas tenus en laisse, ils jettent des déchets. Il faut ouvrir un dialogue, mais ils ne se sentent pas toujours entendus, il peut parfois être difficile de garder son sang-froid.

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Lieux de passage de promeneurs dans ou aux bords des champs (en jaune)

Les nuisances pour les agriculteurs : Un certain nombre de nuisances sont évoquées par les agriculteurs en relation aux passages des promeneurs sur leurs terres. Notamment, les dépôts sauvages, les récoltes sauvages ou précoces des cultures, le vol de la production (« certains viennent cueillir des plantes aromatiques quand ils ont besoin de mettre du thym dans le lapin »), les cultures abîmées, et enfin, les dégâts dans les champs par les chiens qui ne sont pas tenus en laisse.

Les nuisances pour les habitants : Un habitant parle des traitements chimiques qui sont pulvérisés, des engrais volatiles... Les promeneurs ne sont pas assez informés sur la pollution chimique : il faut parfois attendre 48 h pour aller sur ou près des champs après les pulvérisations. Plus globalement les habitants présents ne voient pas vraiment de nuisances ou alors elles sont acceptées (bruit, odeur de l’élevage, de l’épandage…), car cela fait partie de la vie à la campagne.

Les produits locaux : Les habitants achètent leurs produits à la ferme, particulièrement à la ferme Lamblin, ainsi que dans les relais, à Talent de Ferme et au Panier Vert.
Ils s’approvisionnent également de produits locaux aux AMAP, à la ferme Bio de Lucie et à celle du chemin de la Marotte. Ils vont aussi à O’Tera, un magasin qui possède une grande offre de produits
régionaux en circuit court. Enfin, les habitants se rendent au marché de Saint-André pour se procurer des produits locaux.

La majorité des habitants y vont, si possible, à pied et dans un rayon de 5 km en voiture. Une habitante nous dit qu’elle va jusqu’à 10 km pour se procurer les produits en circuit court.

Les citadins considèrent qu’il y a assez de points de vente, mais que leur localisation manque de visibilité.

Les agriculteurs présents à la table distribuent leurs productions de blés et céréales à Quesnoy-sur-Deûle et leurs productions de pommes de terre et de fraises à Verlinghem.

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Une bonne répartition de l’offre en produits locaux sur le territoire, achat à la ferme (épingles bleues) et points relais (épingles vertes).

Profiter : Perception du paysage et usages

Se promener le long de la becque du Corbeau :Les habitants disent qu’ils ne se promènent pas le long de la Becque, car ce n’est pas accessible. Il faut être très vigilant : pour les aventureux qui voudraient s’y promener, c’est potentiellement dangereux.

Ils souhaiteraient une passerelle qui enjambe la Cessoie sans passer sur les terres agricoles. Ils précisent que les bords de la Becque sont privés, sauf au niveau du Chemin Noir, mais que cette partie publique est très courte. Ils se promènent donc plutôt le long de la route. Dans l’idéal, les habitants aimeraient pouvoir se promener le long de la becque, mais écologiquement ce serait un non-sens, car c’est une zone de préservation de la biodiversité.

Les sites verts à valoriser : Les participants ont mentionné les Muchaux. Ils pensent qu’il est déjà bien préservé, mais qu’il pourrait se développer davantage. Ils ont évoqué une ferme en ruine qui a été rachetée par la Mairie et pourrait présenter une belle opportunité pour la commune. Une fois réhabilitée, elle pourrait être transformée en ferme pédagogique. Le patrimoine agricole est à valoriser de façon générale.

Un habitant : « C’est le territoire en lui-même qui est à valoriser. Il n’y a pas forcément de lieux spécifiques, mais le patrimoine agricole est de qualité et a besoin d’un certain nombre d’aménagements pour le rendre plus accessible et pour que la cohabitation entre le monde agricole et les résidents fonctionne dans de bonnes conditions ».

Une habitante suggère qu’il serait bien de créer des zones dédiées au pique-nique avec des tables, des bancs et des poubelles. Ces aménagements manquent actuellement pour faire des promenades avec les enfants et petits-enfants.

Les lieux de biodiversité : A la question : « quels sont les lieux qui représentent pour vous la biodiversité sur votre territoire ? », les participants ont répondu spontanément les champs et les bords de la Becque. Ils précisent que l’ensemble du périmètre est très riche, qu’il y a des mares, des prairies et une très grande diversité de cultures (bovins, céréales, ruches, herbes aromatiques etc…).

« On a tous le sentiment d’avoir un secteur riche en termes de biodiversité, mais aussi riche de diversité, car il y a des usages et des cultures diverses. Pas de monoculture à grande échelle : on est sur des petites parcelles découpées avec des chemins et des becques. Il y a des oiseaux, des batraciens, des canards grâce à cette présence de l’eau… La richesse des terres humides ! »

Les Muchaux : L’ensemble des présents, se promène beaucoup sur le site des Muchaux. Une habitante aime aller y cueillir des mûres. Il est possible d’y faire du vélo, de la course. Un des participants travaille sur la zone et apprécie le caractère naturel de ce secteur. C’est une porte d’entrée vers le territoire de campagne. Un habitant nous dit qu’il est possible d’aller depuis les Muchaux jusqu’en Belgique et de circuler hors des grands axes. Pour tous, ce site est très agréable.

Les arbres : Certains habitants aimeraient en voir d’avantage, peut-être des arbres fruitiers, pour la pollinisation et des saules plantés aux bords de l’eau, le long de la Becque ? Un agriculteur dit qu’il y en a bien assez : lorsqu’il y a des tempêtes, le déblayage des arbres tombés est un énorme travail et revient aux agriculteurs.

Un participant aborde la question des haies. Une agricultrice rappelle qu’il faut faire attention à ne pas planter des essences toxiques, comme le laurier rose ou pire comme l’if, qui peut tuer un cheval. Les agriculteurs s’accordent à dire que l’entretien des mauvaises herbes est déjà un travail en soi (le Séneçon de Jacob dans les fossés et les bandes enherbées qui est extrêmement toxique et s’étend sur le pâturage).

Une agricultrice : « Le Séneçon qui est très toxique est un vrai problème, car il n’en faut pas beaucoup pour tuer les bêtes, même sous forme de foin, il reste toxique par accumulation. Beaucoup de chevaux en meurent. On en voit beaucoup au bord des chemins, le long des rocades et autour des ronds-points. »

Globalement, si l’on plante des arbres et des haies, émerge la question de l’entretien. Ajouter des arbres représente une charge supplémentaire pour les agriculteurs.

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Emprunter : Les chemins 

Les chemins empruntés : Les participants empruntent les petites routes et chemins communaux (Chemin Noir, de la Marotte, Gibet, des Muchaux, le bleu Bourdeau) à pied et à vélo. A cheval aussi, mais cela reste peu pratique. Il y a beaucoup de centres équestres, mais pas de chemins dédiés et c’est trop dangereux ou effrayant pour les bêtes, il y a trop de poids lourds, de circulation. Les grandes routes sont un obstacle. Il faudrait faciliter la cohabitation piéton/vélo/voitures.

Un habitant : « Il y a peu de chemins non carrossables et nous sommes donc toujours sur des routes et il y a souvent des conflits d’usages entre le piéton, le vélo, le cheval et la voiture. Des conflits d’usages dans l’espace, mais aussi dans le temps. On pourrait imaginer neutraliser la voiture sur les chemins communaux et sur les routes de temps en temps, comme c’est le cas le dimanche pour l’Avenue de l’Hippodrome. »

Pour permettre la promenade fluide, il serait intéressant de connecter certains chemins. On pourrait connecter le Chemin des Muchaux au Chemin Noir, ce qui éviterait de passer par les deux grandes routes.

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Connexions souhaitées (flèches jaunes) entre les chemins empruntés (en rouge).

Un habitant : « Il n’y a pas de continuité et il y a de vraies barrières qui sont dangereuses comme la route de Lambersart, la route de Messine ou la route Delattre de Tassigny. Ça pose des problèmes d’usage pour bien profiter du territoire. C’est comme pour les chevaux, il y a 5 ou 6 centres équestre dans un périmètre de 1 km autour des Muchaux, mais il est quasiment impossible de passer de l’un à l’autre en dehors des routes. Donc, quel que soit l’usage, c’est difficile d’en profiter vraiment, car il y a de vraies ruptures et des manques de liaisons entre les secteurs. »

Relier : Les connexions intercommunales & avec les Portes des Belles Terres

Les participants réunis à la table se promènent sur le territoire de leurs communes voisines sans d’ailleurs connaitre précisément les limites communales de celles-ci. De façon unanime, ils considèrent
ces communes comme formant une communauté territoriale. Ils se rendent en voiture à la Base de loisirs de Pérenchies et vont à la Ferme aux oies de Marcq-en- Baroeul. Les longs de la Deûle sont consacrés aux promenades en famille, à faire courir le chien et au running.

Les participants font du vélo essentiellement le long de la Deûle ou au sein des communes pour les trajets courts. Un des habitants raconte qu’il va parfois vers la Belgique depuis les Muchaux. Il n’y a pas vraiment d’obstacle à part la forte circulation intra-communale.

Question de fin : Les Portes des Belles Terres idéales pour demain : Les habitants souhaiteraient que les Muchaux, qui représentent un accès direct vers le monde rural, retrouvent un vrai rôle social, économique et écologique.

Un habitant : « Il est important que ce secteur acquiert une vraie utilité économique et sociale. Utilité économique pour les agriculteurs, pour qu’ils puissent y vivre et travailler dans de bonnes conditions ; pour que le patrimoine rural et le patrimoine bâti soient bien mis en valeur. C’est important que ces territoires gardent et développent cette capacité à produire leurs propres richesses tout en permettant un usage, sans qu’il y ait trop de conflit avec les citoyens, les résidents, avec la ville proche. Et qu’il y ait des règles d’usage qui soient bien mis en place. Si on veut éviter que ces territoires deviennent la proie du développement urbain, il faut vraiment qu’ils retrouvent un rôle économique et social. »

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Les élus présents ont aussi fait l’exercice, mais leurs contributions ne sont pas prises en compte dans la synthèse.

Merci à tous les habitants présents à l’atelier pour leur participation !