Sommet de l'ONU sur le climat
du 7 au 18 décembre 2009 à Copehnague
Photos AFP.
Europe : le Conseil Environnement réaffirme ses positions avant Copenhague
Lors du Conseil extraordinaire à Bruxelles du 23 novembre 2009, les ministres ont passé en revue leurs positions et stratégies pour une dernière fois avant la conférence sur le changement climatique qui aura lieu à Copenhague. Yvo de Boer, secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, a fait un compte-rendu de la situation actuelle des négociations et les propositions des autres acteurs.
La position de l’Europe
Les ministres de l’Environnement ont confirmé la position de l’Union européenne et le mandat de négociation qui a été défini en octobre dernier puis confirmé par les chefs d’État et de gouvernement lors du Conseil européen. De nombreux pays membres ont souligné l’importance de maintenir l’objectif d’une réduction de 30 pour cent des émissions, cet objectif devant être utilisé comme une sorte de tremplin pour amener les autres pays à faire des propositions et prendre des engagements financiers suffisants, aussi bien directement après Copenhague, qu’à long terme. L’ Union européenne s’est également fixée l’objectif, à long terme, de réduire ses émissions de 80 à 95 pour cent d’ici 2050.
Contexte L’Union européenne veut parvenir à un accord sur le climat global, ambitieux, complet et juridiquement contraignant, permettant d’empêcher que le réchauffement global n’atteigne des niveaux dangereux, c’est-à-dire que la température n’augmente pas plus que 2 °C par rapport aux niveaux observés à l’ère préindustrielle.
L’ Union européenne s’est, de son côté, engagée à réduire, d’ici à 2020, ses émissions de 20 pour cent par rapport aux niveaux de 1990, et de mettre en place cette diminution à l’aide d’un paquet législatif, qui est entré en vigueur cette année, et d’un important programme d’augmentation de l’efficacité énergétique.
Elle s’est par ailleurs engagée à réduire ses émissions de 30 pour cent supplémentaires, à la condition que les autres pays industrialisés, rassemblés au sein d’un groupe, s’engagent sur des diminutions similaires et que les pays en voie de développement les plus développés économiquement parlant, participent eux aussi, dans des mesures raisonnables, à l’accord global, dans la mesure de leurs capacités et possibilités..
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L'actu. du sommet ..
L'Onu croit à un accord "précis" à Copenhague, mais pousse l'UE et les USA Le plus haut responsable climat aux Nations unies Yvo de Boer croit encore à un accord politique "très précis" à Copenhague, mais l'Amérique va devoir relever son effort et l'Europe chiffrer son aide aux pays pauvres. "Je crois que nous aurons un accord très précis" à Copenhague, a jugé Yvo de Boer, "13 jours" avant le coup d'envoi des négociations internationales sur le climat (7 au 18 décembre).
Le secrétaire exécutif de la Convention climat des Nations unies était invité à s'exprimer devant les ministres de l'Environnement de l'UE, venus à Bruxelles parler de stratégie dans la dernière ligne droite. L'Onu et l'UE misent à Copenhague sur "un accord complet" doté de promesses contraignantes, qui sera traduit au cours des premiers mois de 2010 en un véritable traité légal. Tous les participants ont souligné lundi l'élan récent donné aux pourparlers par le Brésil, la Corée du Sud, la Russie, l'Indonésie, la Norvège ou le Japon, qui ont chiffré leurs ambitions pour réduire leurs émissions polluantes. "La question clef actuellement c'est les Etats-Unis", a insisté M. de Boer, qui veut croire que le président américain Barack Obama viendra à Copenhague avec un plan revu à la hausse. "Une offre ambitieuse des Etats-Unis, mais aussi de la Chine, est absolument cruciale", a renchéri le ministre suédois de l'Environnement, Andreas Carlgren, dont le pays préside l'UE. "Les promesses des Etats-Unis ne suffisent pas encore", estime aussi Norbert Röttgen, son homologue allemand. Pour améliorer leur position, les Américains pourraient financer des projets de lutte contre la déforestation ou de développement propre à l'étranger. "Nous souhaitons qu'ils utilisent toutes les possibilités existantes", a insisté M. Carlgren. Le ministre français de l'Ecologie Jean-Louis Borloo note que Washington, réclame "une flexibilité de dates ou de chiffres" et doit être soutenu par les autres pays industrialisés. Un accord ambitieux en décembre passe aussi par une aide immédiate aux pays pauvres pour les années 2010, 2011 et 2012, pour faire face aux conséquences du réchauffement de la planète, souhaite l'UE. "Les pays riches doivent mettre sur la table au moins 10 milliards de dollars d'aide immédiate" par an d'ici 2012, avance Ivo de Boer. Au delà, les futurs objectifs du traité de Copenhague prendraient le relais. "Chaque pays doit annoncer sa contribution", insiste-t-il. Yvo de Boer aimerait tout particulièrement que l'UE chiffre clairement son aide à court terme et moyen terme aux pays en développement. Sans quoi, "l'accord de Copenhague sera mort-né". Les chefs d'Etat européens devront plancher la dessus lors de leur prochain sommet de décembre, en plein milieu des négociations de Copenhague, suggère-t-il. Fin octobre, les pays européens s'étaient mis d'accord sur le principe d'une aide aux plus pauvres. L'Allemagne, la France et l'Italie avaient toutefois refusé tout chiffrage, préférant voir les autres grandes nations bouger. L'UE a fixé à 100 milliards d'euros par an les besoins en financements internationaux pour aider les pays pauvres entre 2013 et 2020, question centrale des négociations climatiques mondiales. Dans ce total, elle évoque, une fourchette éventuelle de 22 à 50 milliards d'euros par an de financements publics, et celui de 5 et 7 milliards d'euros par an pour amorcer la pompe au cours des trois prochaines années. Cette "aide publique automatique" doit être clarifiée aux pays les plus vulnérables pour arracher leur confiance, souhaite la France. "Si on ne fait pas ça c'est désespérant", selon Jean-Louis Borloo.
Source : Le Parisien du 23/11/09
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